Notre Histoire

 

Eglise Protestante de St Avold

Texte et historique réalisé par l'office du tourisme de Saint-Avold. Cet article est une copie.

 

 

Terre évêchoise depuis l’an 1163 au moins, Saint-Avold devint propriété des très catho-liques ducs de Lorraine à partir de 1581. En 1766, la ville fut intégrée dans le royaume de France qui faisait du catholicisme la religion d’État. Des protestants pouvaient donc diffi-cilement être les bienvenus à Saint-Avold avant l’instauration de la liberté du culte, à la Révolution. C’est ainsi qu’en 1820 seuls trois protestants y vivaient, pendant que Forbach et Sarreguemines, villes plus industrialisées, en comptaient respectivement 20 et 34.

La situation changea fondamentalement après les événements de 1870-1871, suivis du traité de Francfort signé le 10 mai 1871, qui créa le Bezirk Lothringen, territoire corres-pondant à peu près à l’actuel département de la Moselle. Le Bezirk Lothringen fut associé à l’Alsace pour former le Reichsland Elsass-Lothringen, terre d’Empire, dont le chef-lieu était Strasbourg.

Saint-Avold connut dès lors un afflux massif d’Allemands, pour la plupart protestants et majoritairement luthériens. Il s’agissait de civils (fonctionnaires, professions libérales, artisans, puis ouvriers) et surtout de militaires, car une importante garnison allait être im-plantée dans la ville.

 

Naissance de la paroisse luthérienne

La toute nouvelle communauté luthérienne de Saint-Avold se structura rapidement et obtint, pour lieu de célébration du culte, la grande salle de l’hôtel de ville, alors implanté rue des Charrons (aujourd’hui, siège de l’Office de tourisme). Le pasteur Auguste Lange de Forbach, qui y avait célébré le premier culte le 29 mai 1871, venait y officier selon ses disponibilités. Comme cette salle ne pouvait contenir qu’environ 80 personnes, le lieu de culte fut transféré vers 1882 dans les locaux, à peine plus vastes, du tribunal cantonal de la rue des Anges (Engelstrasse). En réalité, devant la croissance continue de la population protestante, seule la construction d’une vraie église pouvait régler la question.

Conscient de cette situation, le directoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine, autorité de tutelle administrative et spirituelle des luthériens, avait créé à Saint-Avold, en date du 2 mars 1875, une « paroisse de vicariat », regroupant les communautés de Saint-Avold, Hombourg-Haut, Faulquemont et L’Hôpital-Carling. Le premier desservant (Pfarrverweser) en fut Valentin Roth, auquel succédèrent Emil Burger en 1877, Paul Grünberg en 1882, puis Alfred Aehle en 1887.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Construction de l’église

Un avant-projet avait été élaboré dès 1882, à la demande du conseil presbytéral, par l’architecte de l’arrondissement, le Communal-Baumeister Mathias Ennen (1850-1900). Ce projet fut abandonné, faute de moyens que le conseil s’employa ensuite à réunir avec la plus grande détermination. Le recensement de 1885 indiquait que la communauté pro-testante comptait alors 1092 âmes dont 656 militaires. C’était donc une église capable d’accueillir environ 400 personnes qu’il importait de construire.

Le terrain adapté au projet avait été retenu en 1883. À la fin de cette même année, le conseil presbytéral sollicita l’architecte messin Conrad Wahn, formé dans les écoles alle-mandes et spécialiste attitré de la construction d’églises. Son avant-projet, daté du 24 mars 1884, proposait un devis de 50800 Mark pour l’ensemble, achat du terrain compris. Il fut mis en oeuvre après quelques modifications mineures.

 

Le financement.

Près de trois années furent nécessaires pour réaliser le montage finan-cier :

- La participation de l’autorité militaire se monterait à 25560 Mark, en contrepartie d’un « droit d’utilisation conjointe » de l’église. L’édifice serait donc à la fois église civile et église de garnison.

- Le Ministère impérial d’Alsace-Lorraine accorderait une subvention de 14450 Marks.

- La Gustav-Adolf-Stiftung, une fondation ayant vocation notamment d’aider à la cons-truction d’églises et d’écoles protestantes en territoire germanique, participerait à hauteur de 5000 Marks.

- Les communes de Saint-Avold et de L’Hôpital contribueraient respectivement pour 1500 et 100 Marks, le complément (4190 Marks) restant à la charge de la communauté protestante locale.

 

Les travaux.

La maçonnerie et la couverture furent confiées à l’entrepreneur naborien Auguste Bongert, les menuiseries (chaire et bancs) à un autre Naborien, Hermann Liedloff, tandis que le jeune sculpteur hombourgeois, Pierre Théodore Nousse (1861-1929) fut chargé de réaliser l’autel en pierre. L’église devait finalement offrir 320 places dont 46 à la tribune. Sa longueur extérieure était fixée à 28,1 mètres avec un clocher cul-minant à 37 mètres.

La fabrication de l’orgue fut attribuée au renommé facteur Heinrich Voit & Söhne de Durlach, près de Karlsruhe, tandis que la fonderie F.W. Rincker de Sinn, près de Giessen, se vit confier la réalisation des cloches, au nombre de trois.

Sur décision du directoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace-Lorraine, en date du 22 mai 1887, Auguste Lange (1840-1939), pasteur de Forbach (1868-1908) et président du consistoire de Sarreguemines (1885-1908), ferait fonction de maître d’ouvrage. C’est cependant le desservant Alfred Aehle, continuellement en première ligne, qui assuma l’essentiel de la charge, laquelle s’avéra fort lourde. Il s’y usa.

La maîtrise d’œuvre fut assurée sur le terrain par le Communal-Baumeister Mathias En-nen, sous la supervision de Conrad Wahn, architecte pour la construction d’églises (Com-munal-Baumeister für Kirchenbauten), assistant de Paul Tornow pour la restauration de la cathédrale et, depuis 1887, architecte de la ville de Metz. Cet éminent personnage est le concepteur des églises luthériennes de Forbach (1892) et de Sarreguemines (1898) no-tamment, ainsi que de plusieurs autres églises du Bezirk Lothringen.

 

Les cérémonies.

La pose de la première pierre, fixée au samedi 6 août 1887 à 13 heures, donna lieu à une imposante manifestation. Auguste Lange bénit cette pierre dans laquelle furent scellés « l’acte de fondation » (Urkunde) ainsi que des journaux et des pièces de monnaie de l’époque.

L’inauguration de l’église, le lundi de Pâques 22 avril 1889 à 12 h 15, fut encore plus im-pressionnante. Le président du directoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace-Lorraine avait fait le déplacement. L’architecte Wahn remit symboliquement la clé de l’église au desservant Aehle. Après les discours, les cantiques et la prédication, la fête s’acheva, les cloches sonnant à toute volée, sous les salves d’artillerie. Cette inaugura-tion avait été fixée au plus près du 28 avril, dimanche de la confirmation, afin d’avoir toutes les chances de disposer de l’orgue dont la livraison accumulait les retards. Finale-ment, l’orgue fut prêt pour la confirmation, mais non pour l’inauguration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’église et son mobilier

Le style néogothique, que Wahn maîtrisait à la perfection, confère à l’édifice une finesse et une élégance remarquables. Le chœur et la nef sont abondamment éclairés. Les ver-rières, discrètement teintées de jaune et de bleu, sont finement bordées alternativement de bleu et de rouge vifs. La tête du Christ couronnée d’épines qui orne la baie axiale du chœur est du meilleur effet. Le sobre et bel autel de Nousse est parfaitement intégré dans ce décor, de même que la chaire à cuve pentagonale de Liedloff. Il est vrai que tout ce mobilier avait été dessiné par Wahn.

L’orgue avec son buffet néogothique s’inscrit harmonieusement dans cet ensemble en-core rehaussé par les lambris du plafond voûté en berceau brisé, qui contribuent au con-fort acoustique de l’édifice. L’instrument offre une belle sonorité. Il a conservé sa consti-tution d’origine, à quelques détails près. De l’avis des spécialistes, il s’agit là d’un intéres-sant témoin de la facture allemande de cette époque.

 

Les cloches

La fonderie F.W. Rincker de Sinn avait installé 3 cloches, en janvier 1889. Elles sonnaient respectivement le mi (823 kg), le fa dièse (585 kg) et le sol dièse (416 kg). Les deux pre-mières furent réquisitionnées en 1917 par les autorités allemandes au titre de l’effort de guerre. Quant à la petite cloche, elle est encore active de nos jours. On peut y lire : gegos-sen in Sinn 1888 von FW Rincker zu NR723 um den Menschen ein Wohlgefallen (coulée à Sinn en 1888, par FW Rincker pour le bien des hommes). Une seconde cloche l’a rejointe en janvier 1950, provenant de la fonderie Causard de Colmar. Elle porte l’inscription : Wenn ich euch rufe zu dem Herrn, so kommet Christen schnell und gern (Quand je vous invite à venir vers le Seigneur, chrétiens, accourez avec joie). Suivent les noms du pasteur de l’époque, Florimond Canepeel, et des conseillers presbytéraux Ch. Kromm, N. Werlé, R. Kennel.

 

Le presbytère et la paroisse

L’église n’était pas encore achevée que déjà le conseil s’activait en vue de l’édification du presbytère. Il fallait en effet loger confortablement le desservant mais surtout, l’existence d’un presbytère était la condition impérieuse pour que la paroisse de vicariat fût érigée en paroisse de l’Église de la Confession d’Augsbourg. En mai 1889, le Communal-Baumeister Ennen établit un devis d’un montant de 23000 Marks, qui dut finalement être abaissé à 20500 Marks. Le Ministère impérial d’Alsace-Lorraine accorda une subvention de 6000 Marks, mais c’est la famille du desservant Alfred Aehle qui débloqua la situation en con-sentant un prêt sans intérêt de 10000 Marks, remboursable sur 10 ans. Le presbytère était achevé le 18 juin 1895. La paroisse de vicariat devint paroisse de l’Église de la Confession d’Augsbourg par l’ordonnance impériale du 11 juin 1897. Le desservant (Pfarrverweser) Aehle fut nommé pasteur (Pfarrer), le 23 novembre 1897.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La paroisse protestante, qui avait enfin et avec peine atteint ses objectifs, eut ensuite à faire face à de nombreux soucis, mais les guerres qui allaient survenir ont heureusement épargné l’édifice. L’église luthérienne conserve insi aujourd’hui son cachet de 1889, à quelques petits détails près.

 

ADRESSE:

Eglise de Saint-Avold

Rue des Anglais, 57500 Saint-Avold

Eglise de Créhange

Rue de Normandie, 57690 Créhange

 

Téléphone: 03 87 92 18 38

 

CULTES:

Créhange: à 9h tous les dimanches

sauf le 3ème samedi du mois à 18h.

Saint-Avold: Tous les dimanches à 10h30